Les Transformers, les maîtres de l'illusion !

Les Transformers ont bercé mon enfance les samedis matin à Montréal ou chez ma grand-mère dans les Laurentides. Le générique, dans la version québécoise disait : “Les Transformers, les maîtres de l’illusion”.



Ça m’a fait penser aux transformations agiles dans les grands groupes, souvent qui passent par des centres de coachs, des cellules d’experts agiles. Vous savez ces budgets mis en place pour aider les départements informatiques à être plus performants, à livrer plus vite et moins cher. Je trouve que c’est une illusion si les hauts dirigeant(e)s ne pensent pas qu’il faut qu’ils s’y mettent eux ou elles aussi.

Je ne veux pas cracher dans la soupe, surtout que je serai amené à travailler dans de telles configurations. C’est déjà louable de vouloir s’améliorer au niveau des méthodes de travail, mais qu’en est-il de la philosophie de l’entreprise. Très souvent, quand je parle de Management 3.0, des entreprises libérées, de réinventer l’organisation ou au moins réfléchir à où on se situe dans les cercles de Frédéric Laloux, on me regarde comme si je voulais la révolution. J’ai l’impression de revêtir un t-shirt de Che Guevarra et qu’on a l’impression que je veux mettre à terre le système mis en place par la haute direction. Ce n’est pas du tout le cas.

Ce que je souhaite, c’est que les directions et les cadres d’équipes se rendent compte qu’ils ne sont pas dans l’état d’esprit de l’agilité, mais dans un relooking des méthodologies de travail tout simplement. Ça n’apportera pas un grand changement dans l’engagement des gens du terrain. Le CMMI, les méthodes ISO 900X, le PMI sont remplacés par un framework léger avec quelques cérémonies, un peu de management visuel avec post-its, mais au fond, le membre de l’équipe sait qu’il n’est pas si libre que ça dans ses choix au quotidien. Donc sa motivation intrinsèque n’est pas nourrie. Vous pourriez avoir l’effet contraire au final, c'est à dire un désengagement. Il faut savoir qu’une transformation agile est une illusion si vous ne réfléchissez pas à l’ensemble des départements de l’entreprise. Mesdames et Messieurs de la direction pensez à lâcher prise un minimum et à construire une confiance beaucoup plus forte avec vos équipes.

Avez-vous peur de perdre le contrôle ou de ne plus avoir suffisamment de gens “en dessous de vous” ?
Pensez-vous que les gens aiment être dirigés ?
Est-ce que vous mettez en place des systèmes où la compétition est féroce à l’intérieur même de vos équipes ?
Est-ce que la seule façon de motiver les gens selon vous est de mettre en place des systèmes de bonus ?
Est-ce que ne pas diffuser toute l’information business aux gens du terrain est normal, car ces dites gens n’en ont pas besoin pour produire au quotidien ?

Si vous avez dit oui à une de ces questions, je vous invite à lire un des bouquins suivant qui vous aideront peut-être à challenger vos conceptions de l’organisation et du management :
La vérité sur ce qui nous motive - Daniel Pink
Liberté & Cie - Isaac Getz et Brian Carney
Reinventing organizations : Vers des communautés de travail inspirées - Frédéric Laloux

Et si vous avez un peu de temps pour regarder cette vidéo d'Isaac, çe peut vous donner une idée de la philosophie du servant leadership :